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La dernière lettre

Je t’adresse cette dernière lettre

écrite de ma main, tenant le crayon

comme le katana d’un rônin

qui retranscrit l’honneur et les émotions.

Mes belles boucles serpentines

Dévoilent toute la tendresse que j’ai pour toi

Mais les souvenirs m’ont enlevé une larme

Qu’au coin de la feuille tu découvriras.

Ne tremble pas à la lecture de mes mots

Que la vitesse a rendu plus abrupts, plus rudes

Car il y a des choses qu’on souhaite dévoiler

Pour les oublier timidement avec l’encre perdue.

Mes nombreuses ratures me trahissent

Car le silence de la nuit dénude les sentiments

Et le bruit de mon crayon, assourdissant,

Me fait perdre le peu de conscience que je maîtrise.

Je n’ai pas pu parfumer cette lettre

Au risque de perdre la simplicité de ma vie

Celle que tu as connu de moi et que j’ai gardée.

L’odeur discrète de la feuille est ce qui, encore, me sied.

Tu le sais, les lettres sont mortes maintenant

Ne devenant plus qu’un tas d’encombrantes paperasses.

Elles ne racontent plus, elles ne parlent plus

Et préférant garder la froideur du monde approchant

C’est sur ces derniers mots que je t’embrasse.

Angie

 

 

Lettre à mes fantômes

 

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Dessin: Angie

 

Alors que les années passent, attrapant le bonheur

comme des papillons agités, le retenant fermement

jusqu’à verser d’incompréhensibles larmes d’angoisse

Alors que les saisons s’éternisent avant de mourir

Sur le rebord des fenêtres qui ne s’ouvrent plus

Même aux premières bises d’un soleil malicieux

 

Je reste toujours suspendue à mes vieux souvenirs.

 

Ô comme un simple pas peut être douloureux

Parce qu’il y a des regrets, parce qu’il y a eu de l’espoir

Parce que quelque part, sous les poussières d’enfance

les sourires sont encore chauds et les larmes si froides,

Parce que les rires résonnaient si forts derrière les cloisons

Et les sanglots comblaient les coups violents des orages.

 

La vieille maison où je suis née retrouve ses murs

et d’instinct suit le parfum d’une famille que j’ai aimé.

Ma mémoire ou mon imagination, qu’importe…

Redessine les visages avec les mêmes traits, sans âge

Mais mon amour demeure si clair, si translucide

Que je ne peux y trouver l’oubli caché quelque part.

 

J’aimerais oublier, pourtant, oui j’aimerais oublier

Ce que je n’ai pu atteindre, ceux que j’ai aimé si fort

Que mon coeur bat encore pour eux: des bouts de mirages

Des timidités, des revanches, des taquineries, de l’insouciance

Des passagers qui disparaissent simplement parce qu’il le faut.

 

Mais ce soir, comme beaucoup de soir, me donnant au passé

A la nostalgie que m’apporte le rayon d’une lune affaiblie

Je pense à vous, vous les bruyants fantômes de ma vie.

 

Angie

 

 

Nostalgie

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                                                                                                                                               dessin: Angie

Il nous suffisait de quelques contes

Pour craindre nos bêtises d’enfant

Il nous suffisait d’un immense champ

Pour jouer à la liberté avec un bâton.

 

Les sourires étaient faciles à trouver

Dans les innocentes gourmandises

Dans les amitiés qui se construisent

Dans ce qui, par nous, peut durer.

 

Quelque part, le temps passe trop vite

N’y a-t-il que lui que l’on juge coupable

Ou encore ce soleil maudit qui rugit

Comme un héros que l’on ne voit pas?

 

Les souvenirs ont un goût tiède d’usure

Mais ces bonheurs simples de jeunesse

Pourquoi fuient-ils sans laisser d’armure

Ne laissant à l’approche qu’une sécheresse?

 

Et je contemple l’horizon immobile

où peu à peu tout s’arrête en grondement

Et je contemple l’horizon immobile

où ne siègeront que des pleurs d’enfants.

Lotus

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dessin: Angie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parfum ruisselant d’illusions

sur un pont que frappe le vent

ma vie sans avenir encore bâti

se suspend au son du temps.

 

Remettant les présages à l’aurore

marchant vers la voie du sable

fébriles et enfantins sont mes pas

qui cherchent un port de courage.

Petites choses

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                                                                                              dessin: Angie

Un jour de plus, de solitudes.

Le bonheur se cache ailleurs.

Dans les petites choses à nos pieds

le ciel toujours vient se refléter

Elles ont une ombre, une lumière

Et d’elles naissent tout.

Que l’on oublie, que l’on attende

que des machines viennent nous sauver

sécher nos larmes, même nous aimer

Mais

Quelles grandes choses bien fragiles.

Et un jour de lourde peine

lorsque tu baisseras la tête pour pleurer

tu verras dans la goutte de tes larmes

que le ciel sans aucune guerre

sans concurrence, ni irrespect

t’offre la véritable immensité.

Paisible matin

 

P8100048Dessin: Angie

 

Doux matin d’un dimanche encore endormi

Le jour se pose sur le dos des grands bois

Tandis que mes pas somnolent vers toi

Je te vois qui tisses ta lumière à mes pieds.

Le murmure mutin des feuilles résonne

Et réveille les cloisons de ma chaumière

Refuge d’un monde qui s’étire trop loin

Vers des bruits sourds qui ne chantent rien.

Dans l’ennui qui s’évapore vers le ciel

Ma lente respiration semble te contempler

Et s’unit à tous ces gestes que tu as médité

Pour que ce petit coin devienne mon jardin.

 

 

 

A celui qui compose

dessin: Angie

Le pianiste

De vieilles notes grises de poussières

S’envolent dans la pièce aux silences

Et réinventent une douce tristesse

A ces murs longtemps restés blancs

C’est celui qui compose de son âme

Se livrant à l’absence, se livrant à tout

S’enivrant des mouvements musicaux

D’une lettre restée sans aucun mot

Explosion de quelques couleurs

Monotone ou invisible sérénité

Sous ses doigts de vieux fantôme

Son existence brille à nouveau

Que celui qui ne sait que crier, se taise

Devant lui, le monde est incliné

Car il a vécu bien des années

Sur la corde raide d’une brise

Et aujourd’hui le vent tissé raconte

Dans cette pièce aux silences

Une modestie qui s’est acquise

Le rien qui devint un roi

Pour l’éternité

P4260083

                                                                  Dessin: Angie

Certains disent que le temps

Délient les fils de l’Amour

D’autres même pensent

Que la nuit s’enlève au jour

Mais qu’importe les dires

Mon cœur est au tien

Les saisons peuvent me prévenir

Que les feuilles meurent en chemin

Je n’ai qu’une âme au fond

Parce que la tienne existe

Et que la peur qui corrompt

En moi, jamais ne persiste

Alors demain peut bien être une peine

Mais je connais le présent, le passé

Et c’est seul dans l’adversité vaine

Que l’amour va à l’éternité

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