Posté le Dimanche 3 janvier 2010
Dans les contrées où dort le royal condor
La terre se regénère peu à peu, se nourrit de la rosée
Qu'a pleuré l'aube triomphante.
Morte, endormie, elle est le phoenix éternel
Dernier souffle de la nuit, premier cri du jour,
Par son écho elle réveille démons et vivants.
La sève de la vie s'écoule dans les veines brûlantes
Qui réchauffent le coeur des grands bois.
C'est dans leur mémoire que s'abreuve la sagesse.
Elle donne à l'homme qui sait écouter le vent
Ce regard rouge et virulent capable de défier l'astre feu
Sans armes, ni volontés, les pieds et l'âme nus.
De l'univers, il se tient au sommet le plus haut
Et guette les moindres mouvements de l'horizon
Fier, immobile comme le rocher planté dans le sable.
Il s'unit aux souffrances et aux espoirs de la terre
Qui n'a perdu sa fertilité, qui a bu le sang du temps
Et fait naître les fleurs du souvenir cueillies par ses ancêtres.
Il entend au loin les ombres errantes et les nuages sourds
Qui de leur coeur aveuglé cherchent à voler le soleil
Poussant alors son cri, l'appel du grand condor.
Sorti de son sommeil, l'oiseau accompli son vol majestueux,
Maître du ciel, celui qui apporte le glaive de la liberté
Déploie dans la lueur l'esprit d'une force nouvelle…
Angie















